Le Conseil Municipal lundi soir 19 juin à 18h, a tenu une séance extraordinaire consacrée uniquement à l'affaire du Vieux Moulin.
Etaient présents : M. Pommier, maire, MM. Goudeau, Broutard, Mlle Mangolte, MM. Hébert, Audéon, adjoints, MM. Montourcy, Bienaimé, Rapsaet, Duchemin, Brossel, Morin, Azémia, Delaire, Brisorgueil, Maujean, Angot, Noblia, Dareau, conseillers municipaux. MM. Zaïons, Prévost, et Mme Buffet avaient donné pouvoir à leurs collègues.
M. le Maire a exposé que l'état du Vieux Moulin situé sur la Seine, à Vernonnet, était surveillé et que le 8 juin les nouvelles les plus alarmantes étaient portées à sa connaissance. Il y avait un risque tellement imminent qu'il a fait déposer l'avancée et donner des instructions pour le passage de fers afin de soutenir les constructions, engageant dès maintenant environ 47 000 Frs de crédits. Un devis de travaux de consolidation des éléments de soutien du bâtiment avait été établi fin 1975 pour un montant de 131 500 Frs. Actualisation faite, le devis est estimé à 170 000 Frs toutes taxes comprises. La deuxième phase de travaux pour la réfection totale devrait s'élever dans l'avenir à 450 000 Frs environ.
M. le Maire donne ensuite la teneur d'un arrêté de péril imminent qu'il a signé et qui est visé par la Préfecture. Une assignation a été faite par l'huissier afin que le Président du Tribunal nomme un expert chargé de dire l'état de péril et les travaux à exécuter.
Le Conseil est donc appelé à dire s'il approuve les initiatives prises et autorise les travaux et leur réglement par la Ville, une subvention étant d'autre part sollicitée. M. Georges Azémia à l'invite du Maire, apporte des précisions sur l'imbroglio juridique de cette affaire. Il rappelle que la propriété du Vieux Moulin a été acquise par un sujet américain, M. William Griffin, en 1930. Il succédait à un compositeur de musique, M. Nouguès, qui avait installé près des Tourelles une péniche et un abri où l'on dansait.
La propriété fut sinistrée en 1940 et 1944.
En 1948, Mme Griffin écrivait la nouvelle du décès de son mari survenu en 1947.
De nombreux pourparlers furent alors engagés, la ville acceptant d'acquérir le Vieux Moulin. Les démarches poursuivies plusieurs années n'ont pu aboutir, les héritiers faisant silence.
En fin 1949, la demande faite aux Services de la reconstruction d'admettre à la loi d'urgence fut satisfaisante et les travaux urgents engagés. Ce fut le premier sauvetage.
Avant que les dommages de guerre ne soient forclos, faute de réponse des héritiers, le Tribunal avait nommé en 1961 avec son accord, M. Azémia comme administrateur provisoire chargé de recevoir les fonds de l'Etat et de faire exécuter les réparations.
Ce fut le deuxième sauvetage.
L'arrêté de péril, si l'expert choisi par le Tribunal conclut favorablement, va permettre, à l'initiative du Maire, le troisième sauvetage.
M. Azémia approuve, ainsi que ses amis de Vernon notreVille, l'initiative du Maire.
Il conclut en faisant remarquer qu'une solution définitive au problème ne peut venir que lorsque les héritiers recherchés se seront fait connaître ou, à défaut, lorsque la déshérence, c'est-à-dire l'absence d'héritiers sera constatée, mais des délais sont à observer. Personnellement il reste engagé et continuera les démarches.
L'avance des travaux de sauvetage pourra être récupérée et donnera une position forte à la ville pour l'entrée future de la maison dans son patrimoine.
M. Azémia a conclu en disant que le sauvetage du Vieux Moulin, qui a tenté tant d'artistes et qui est situé dans un site classé était désirable car la vie n'est pas faite que de choses utilitaires, la beauté contribue au bonheur des humains.
Le Conseil a été unanime à se prononcer dans le sens souhaité par le Maire, et les travaux de sauvetage ont été décidés.
Les Vernonnais nous le pensons s'en réjouiront.
A.G.
23 juin 1978